Un carry trade de devises cherche un revenu sur un actif financé dans une autre monnaie. Un revenu d’intérêts positif ne garantit pas un résultat total positif : après conversion, l’actif peut ne plus suffire à rembourser la dette. Distinguer emprunt et placement, exposition dérivée et conditions de financement d’un CFD Forex de détail.

Identifier le contrat avant de comparer les taux

Dans la construction classique, emprunter la monnaie de financement, la changer au comptant et acheter un actif rémunéré dans la monnaie d’investissement. La BRI distingue cette opération des expositions synthétiques par forwards, swaps de change ou options. Un forward ferme peut créer une obligation future sans prêt de trésorerie classique ni crédit quotidien du courtier.

Un CFD est un autre contrat : résultat de prix et financement suivent les conditions du prestataire, sans rendre le client propriétaire d’un dépôt étranger. La marge n’est pas le capital de ce dépôt. Conserver séparément devises de l’actif et de la dette, prix de conversion ou d’exécution, financement et coûts. Une table de taux directeurs ne promet pas un swap positif.

Capitaliser les deux côtés avant de soustraire

Modèle fictif de deux semestres : dette initiale 1 000 000 JPY, convertie à 100 JPY/AUD en actif de 10 000 AUD. L’actif gagne 3 %, puis perd 1 % ; la dette porte 0,5 % chaque semestre. Capitaliser à chaque période, sans distribution, couverture, sortie anticipée, spread, frais ni impôt. Les taux et le change final inchangé sont inventés pour l’exercice.

Actif : 10 000 × 1,03 × 0,99 = 10 197 AUD. Dette : 1 000 000 × 1,005 × 1,005 = 1 010 025 JPY. L’actif converti vaut 1 019 700 JPY ; surplus 9 675 JPY. Additionner simplement 3 % − 1 % − 0,5 % − 0,5 % donnerait 10 000 JPY, soit une surestimation de 325 JPY. Les bases d’intérêts changent des deux côtés.

Capitaliser l’actif et la dette

Deux semestres fictifs : actif AUD +3 % puis −1 %, dette JPY +0,5 % chaque semestre. Indices initialement 100, et change initial/final de 100 JPY/AUD ; les devises restent séparées.

Capitaliser l’actif et la detteDeux semestres fictifs : actif AUD +3 % puis −1 %, dette JPY +0,5 % chaque semestre. Indices initialement 100, et change initial/final de 100 JPY/AUD ; les devises restent séparées. Après conversion, le surplus vaut 9 675 JPY et non 10 000 JPY.Les deux bases d’intérêts changentIndices : chaque montant initial = 100100101102103DébutSemestre ISemestre IIActif AUD : 100 → 103 → 101,97Dette JPY : 100 → 100,5 → 101,0025Actif final : 10 197 AUD × 100 = 1 019 700 JPYDette finale : 1 010 025 JPYRésultat : 9 675 JPY avant coûts omisAddition simplifiée des taux : 10 000 JPYSurestimation : 325 JPY
Après conversion, le surplus vaut 9 675 JPY et non 10 000 JPY.

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Forward couvert et financement du courtier : deux calculs

La parité couverte des taux est une relation théorique entre actifs comparables après couverture du change. La BRI explique des écarts persistants liés notamment aux contraintes de bilan, de crédit et de liquidité ; ce n’est pas une promesse d’arbitrage sans risque accessible à un compte de détail.

Exemple de fonctionnement propre à une entité : OANDA Canada décrit des taux FX fondés sur un mélange de taux tom-next de fournisseurs, ajustés de frais administratifs par instrument. Long/short, unités et calendrier doivent être vérifiés. Son ajustement habituel du mercredi connaît des exceptions de règlement et de jours fériés ; ce n’est pas une nuit de triple swap universelle ni une offre présumée en France.

Pour un CFD, calculer le résultat des prix exécutés, ajouter le financement comptabilisé et soustraire les autres coûts. Ne pas retirer de nouveau le spread s’il figure déjà dans les remplissages. Le financement peut être débiteur et changer pendant la détention. Consulter le mécanisme du swap Forex avant de supposer un écart de taux constant.

Pourquoi le yen a servi de financement

L’analyse BRI de septembre 2024 identifie les taux du yen relativement faibles comme une incitation historique, tout en soulignant la difficulté de mesurer les positions carry. Une dette bancaire ou un notionnel dérivé en JPY ne révèle pas son utilisation : couverture et gestion de liquidité expliquent aussi ces engagements. Des taux directeurs faibles ne donnent ni crédit gratuit à chacun ni financement positif sur toute position AUD/JPY ou USD/JPY. Le guide USD/JPY traite cette paire particulière.

Risque de change, marge et scénario annuel complet

Le levier autorisé dépend du pays, du client, de l’entité et du produit. Repère historique : la décision temporaire ESMA de 2018 retenait 3,33 % de marge initiale pour les paires entre USD, EUR, JPY, GBP, CAD et CHF, et 5 % lorsqu’une autre devise intervenait. AUD/JPY et NZD/JPY relevaient donc de 20:1 dans cette décision. Son article 4 prévoyait trois mois à compter du 1er août 2018 ; ce texte seul n’établit pas les règles actuelles de chaque compte français. Avec une exposition vingt fois la marge initiale, un mouvement défavorable de 1 % représente environ 20 % de cette marge avant frais, pas forcément 20 % du compte entier.

Le Bulletin BRI 90 analyse les tensions du début août 2024, amplifiées par désendettement et appels de marge. L’analyse trimestrielle situe la publication américaine sur l’emploi au 2 août, après révisions des anticipations monétaires. L’estimation intermédiaire d’environ 40 000 milliards JPY, soit 250 milliards USD de carry, reste approximative et limitée par les données. Les marchés se sont rapidement stabilisés ; aucun de ces faits ne décrit les contrats fictifs ci-dessous.

Autre exercice entièrement fictif d’un an : emprunter 1 000 000 JPY à 1 %, convertir à 100 JPY/AUD, investir 10 000 AUD rémunérés à 5 %. Une seule capitalisation finale, remboursement intégral, sans défaut, forward, frais, spread ni fiscalité. À l’échéance : actif 10 500 AUD, dette 1 010 000 JPY. Ce ne sont pas des taux directeurs actuels ou une offre disponible.

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Conversion finale et résultat dans la devise de la dette
JPY/AUD finalActif en JPYDette JPYRésultat JPY
1001 050 0001 010 000+40 000
95997 5001 010 000−12 500
90945 0001 010 000−65 000

À change inchangé, le surplus vaut 4 % du capital emprunté, sans rendement sur fonds propres défini. À 95, le principal AUD perd 50 000 JPY à la conversion, les 500 AUD d’intérêts valent 47 500 JPY et les intérêts du prêt coûtent 10 000 JPY : total −12 500. Le seuil d’équilibre est 1 010 000/10 500 ≈ 96,1905 JPY/AUD, soit environ −3,81 %, pas exactement −4 % : le change affecte aussi les intérêts AUD. Un coût final supplémentaire fictif de 5 000 JPY porte la perte à −17 500 JPY.

Le chemin jusqu’à l’échéance peut interrompre le modèle

Supposons séparément 100 000 JPY de fonds propres conservés hors de l’actif AUD, sans intérêts. Le capital emprunté vaut dix fois cette garantie. Les pertes de 12 500 et 65 000 JPY représentent 12,5 % et 65 % de ces fonds. Le prêteur n’est pas obligé d’autoriser la conservation jusqu’à l’échéance.

Contrat fictif : clôture si la garantie nette descend sous 20 000 JPY. À mi-année, cours 92 JPY/AUD, remboursement de l’actif limité au principal et intérêt du prêt de 0,5 % : 100 000 + 10 000 × 92 − 1 005 000 = 15 000 JPY. Le seuil est franchi ; les fonds propres ont perdu 85 000 JPY. Un retour ultérieur du change à 100 ne recrée pas l’exposition clôturée ni son surplus annuel. Les conditions réelles de valorisation et de remboursement anticipé doivent être lues dans les contrats.

Contrôle EUR additionnel : une position CFD distincte affiche une perte de prix hypothétique de 240 EUR, un financement net positif constant supposé de 0,80 EUR par jour et 8 EUR d’autres coûts. Il faudrait (240 + 8)/0,80 = 310 jours de crédit inchangé pour compenser, sans nouvelle variation. À 0,40 EUR par jour, il en faudrait 620 ; avec un crédit nul ou négatif, ce calcul ne fournit aucun délai de compensation. Ce n’est ni un tarif ni une prévision de détention possible.

Risques de change, financement, liquidité et contrepartie restent distincts. Plusieurs symboles partageant la même monnaie de financement peuvent concentrer une exposition, sans résultats identiques obligatoires. Un levier maximal offert plus élevé ne change pas le résultat monétaire d’une exposition inchangée ; augmenter cette exposition relativement aux fonds propres amplifie le risque.

Protocole sans ouvrir de position

  1. Identifier emprunt-actif, forward ou CFD ; pour le courtier, noter entité, instrument, unités, long/short et calendrier.
  2. Comparer perte de change et crédit net dans la même devise ; ne pas calculer un délai de compensation avec un crédit non positif.
  3. Recalculer actif et dette dans leurs devises respectives, puis convertir à plusieurs cours de sortie.
  4. Comparer échéance et clôture anticipée, avec garanties, taux et frais variables. Une date de décision monétaire ne prédit pas la direction d’un débouclage.