Un cours EUR/USD affiché ne constitue pas à lui seul une transaction acceptée. Le last look est une dernière vérification de validité ou de prix avant acceptation ou rejet d’une demande. Cette pratique relève principalement du change électronique de gros. Le chemin d’un ordre CFD de détail et ses obligations contractuelles doivent être examinés séparément.

Ce que vérifie la fenêtre

Un fournisseur de liquidité peut réserver une fenêtre de contrôle avant de confirmer la demande à son prix coté. Validité opérationnelle, crédit et cohérence du prix sont des questions distinctes. L’analyse exige sa politique et le cadre applicable ; aucune durée typique de quelques ou dizaines de millisecondes pour tout le marché n’est établie ici.

Un carnet centralisé rapproche les intérêts selon les règles de la place et les ordres disponibles. Avec un prix soumis à last look, la demande reste à accepter : le clic ne suffit pas à garantir le cours. Ni l’apparence de l’écran ni le mot ECN ne révèlent tous les intermédiaires de la chaîne.

Pourquoi le fournisseur veut contrôler

Des prix diffusés simultanément à plusieurs clients peuvent devenir périmés avant leur mise à jour. Un intervenant plus rapide peut exploiter ce décalage, appelé arbitrage de latence. Le fournisseur présente son contrôle comme une protection contre ces demandes et les flux dits toxiques. Cela ne démontre ni spread plus étroit ni meilleur résultat pour chaque client.

Un rejet peut laisser le client face à un nouveau prix. Comparez donc spread annoncé, acceptations, rejets et éventuel coût de la transaction suivante. Un contrôle qui protège une cotation ne promet pas une disponibilité permanente de liquidité au prix précédemment montré.

L’asymétrie et la référence choisie

Une règle hypothétique accepte la demande lorsque le mouvement favorise le fournisseur et la rejette lorsqu’il le désavantage. Cette asymétrie peut déplacer les opportunités entre parties. Une vérification symétrique applique des tolérances comparables dans les deux directions ; une asymétrique les traite différemment. Les noms seuls ne déterminent ni abus ni coût réalisé : il faut prix de référence, tolérances et éventuelle amélioration de prix.

Une demande non remplie, une nouvelle cotation et un glissement d’exécution ne sont pas le même événement. Une acceptation exactement au cours demandé ne comporte aucun glissement contre cette référence, même si une cotation ultérieure est meilleure. Les allégations de chasse aux stops relèvent d’un autre diagnostic.

Deux horloges ne font pas une mesure

Journaux fictifs : émission client 100 ms, réception serveur 96 ms, réponse client 116 ms. Les deux nombres client ont la même origine ; celui du serveur en a une autre. On suppose une horloge client stable, sans erreur de mesure. Aucun de ces nombres ne vient d’un courtier.

Une réponse de 16 ms, une fenêtre inconnue

Une réponse de 16 ms, une fenêtre inconnueHorloge client 100 puis 116 ms : écart 16 ms. Serveur 96 ms sur autre origine : soustraction directe invalide. Les bornes du contrôle ne sont pas mesurées.CLIENT : 100 → 116 ms = 16 msSERVEUR : 96 ms, autre origineFenêtre last look : non isoléeTransport + contrôles + réponse restent mêlés.
Seule la différence client 16 ms est mesurable ; le contrôle n’est pas isolé.

Faites défiler horizontalement ou agrandissez le schéma pour lire les détails.

116−100=16 ms mesure la réponse complète. Soustraire 96 et 100 fabrique un apparent événement avant l’envoi en mélangeant les horloges. Sans bornes du contrôle sur une échelle comparable, on ne mesure pas sa durée. Cette réponse peut accepter ou rejeter ; elle ne prouve ni last look ni retard abusif.

Un rejet et une acceptation, avec hypothèses explicites

Marek demande un achat EUR/USD à l’ask 1,0850. Supposons une fenêtre 50 ms et une règle unilatérale fictive : hausse de l’ask à 1,0851, rejet ; baisse à 1,0849, acceptation à 1,0850. Avec un pip de 0,0001, la seconde exécution est un pip au-dessus du nouvel ask, mais exactement au prix demandé. Le rejet n’est pas une perte réalisée ; aucune mesure d’un fournisseur n’est présentée.

Cas EUR supplémentaire, distinct : après un rejet à 1,0850, un nouvel achat réellement confirmé dans notre scénario se fait à 1,0852 pour 10 000 EUR de nominal. Écart d’entrée contre l’ancienne référence: 10 000 × 0,0002=2 USD. À l’hypothèse 1,25 USD/EUR, c’est 1,60 EUR. Ce coût comparatif ne transforme pas la première demande rejetée en position perdante et ne constitue ni commission débitée ni résultat final. La clôture future reste inconnue.

Code volontaire et règles juridiques

Le FX Global Code concerne les bonnes pratiques du marché de gros ; il ne crée pas une autorisation mondiale et ne remplace pas le droit local. Son principe 17 traite transparence, contrôles de validité/prix et utilisation des informations de la demande. L’usage de ces informations pour négocier pendant la fenêtre est encadré ; une exception étroite concerne des arrangements cover-and-deal documentés et divulgués, avec compensation préalable sans prise de risque de marché et transfert intégral du volume négocié au client.

La déclaration FCA du 19 novembre 2021 considère incompatible avec ces codes un délai supplémentaire destiné à observer les prix futurs. C’est une position datée britannique sur les codes volontaires, pas une décision française sur chaque contrat de détail. Engagement au Code, conduite réelle et obligations applicables restent trois éléments à examiner.

Identifier le véritable chemin

Le last look existe dans certaines chaînes de liquidité électronique. Un label ECN ou une plateforme ne suffit pas à le localiser. Demandez l’étape concernée, la référence de prix, les tolérances selon direction, la durée attendue et les motifs de rejet. L’absence de réponse limite votre analyse ; elle ne prouve pas seule une faute.

Comparez marché interbancaire et modèles d’intermédiation sans conclure qu’une marque commerciale exclut tout contrôle en amont. Ne déduisez aucune fréquence de pratique sur tout le marché à partir d’un écran personnel.

Une vérification utile sans ouvrir de nouveaux trades

  1. Demandez si le chemin de vos demandes utilise last look, sa logique symétrique ou asymétrique et sa fenêtre annoncée. Conservez réponse et document.
  2. Examinez les journaux existants du mois : rejets et nouvelles cotations, heures, mouvements et raisons. Un regroupement unilatéral motive une question, non une conclusion judiciaire.
  3. Lisez politique d’exécution et fiche du fournisseur : last look, price check, symmetric, asymmetric. Comparez les informations effectivement divulguées.
  4. Gardez même définition et horloge pour chaque mesure. Ne négociez pas en réel uniquement pour diagnostiquer l’infrastructure.

Autre modèle source : huit acceptations après 5 ms et deux rejets après 80 ms donnent(8 × 5+2 × 80)/10=20 ms de réponse moyenne, contre 5 ms parmi les seules acceptations. Mélanger les deux populations ne donne pas un délai moyen d’exécution. Aucune des deux statistiques ne prouve à elle seule un usage abusif.